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jeudi, mai 28, 2015 Super User Histoire Caminito de tango Reims 1324
Les origines noires du tango La communauté noire issue de l' esclavage représente un poids important dans la société portègne du Río de la Plata , tout au long du xix e siècle et jusqu'au début du xx e siècle. La fin du régime de Juan Manuel de Rosas en 1852, régime qui lui était favorable, marque le début du lent déclin de cette population noire dans le Rio de la Plata, jusqu'à sa quasi-disparition de l' Argentine dans le début du xx e siècle. (Cette disparition questionne les historiens : guerres dont les bataillons seront composés d'esclaves noirs et dont peu reviendront, épidémies, rejet croissant des noirs dans la société, métissage, etc. 2 .) Les musiques et les danses de cette communauté noire constitueront l'un des piliers fondamentaux de la genèse du tango. 2 Premièrement, le terme lui-même, tango , qui circule depuis longtemps dans toute l'Amérique atlantique, du golfe du Mexique au Río de la Plata , est peut-être d'origine noire (le terme tambo pour désigner un lieu ou un lieu de réunion existe antérieurement dans la langue quechua). Le terme connaîtra différents sens, qui tous, sont marqués du sceau de l'esclavage, des Noirs et de l' Afrique : En langue kongo , il signifierait « lieu fermé », lieu dans lequel il faut être initié pour entrer et où se pratiquent des rituels et les tambours. Par antonomase , le terme aurait ensuite désigné les tambours eux-mêmes, puis la musique produite par ces tambours 2 . Le négrier appelait tango l'endroit où il parquait les esclaves avant l'embarquement. Plus tard, en Amérique, on appela tango le lieu où on les vendait. Divers sens apparaissent ensuite, comme: le lieu clos où l'on entreposait les tambours, puis enfin: Bailes de tangos : les danses et les jeux de tambours des noirs 2 . En 1788, une autorité de Buenos Aires considère scandaleux « que l'on ait permis depuis quelques années jusqu'à nos jours, à la multitude de Noirs libres et esclaves qui vivent dans cette ville, de se réunir pour faire leurs tambos et danses à l'extérieur de la ville, contrevenant aux lois divines et humaines » (Novati) 2 . À Montevideo en 1806, la municipalité s'énerve contre les "tambos bailes de Negros" , "los Negros con el tango" , et en 1816, à plusieurs reprises : « Se prohiban dentro de la ciudad los bayles conocidos por el nombre de tangos. » Mais, avant la fin du xix e siècle , le tango ne renvoie pas encore à une forme musicale ou dansée définie, mais à des musiques et des danses très diverses, plus au moins ritualisées, pratiquées par les populations d'origine noire. Genèse du tango dansé Au tournant du siècle, dans le Río de la Plata , les danses de salon venues d' Europe , mazurka , scottish , valse … subissent l'influence des Noirs . Danses de Blancs , danses de Noirs, habaneras , s'influencent et s'imitent mutuellement. Parmi elles, Il y a la milonga , qui appartient à cette catégorie de termes au contenu incertain (le terme est aussi d'origine africaine), et qui est aussi à l'origine du tango et dont l'origine se confond avec celui-ci. (Beaucoup d'œuvres intitulées milongas seront rebaptisées plus tard tangos ) R. Lynch Ventura écrit à propos de la forme dansée : « Ce sont les compadritos de la ville qui la dansent; ils l'ont inventée pour se moquer des danses que pratiquent les Noirs dans leurs bals. Elle a la même mesure que la habanera. »(mesure: croche pontée/ double croche/ croche/ croche) Michel Plisson écrit: « Les Noirs [anciens esclaves] empruntent de leurs anciens maîtres les danses de couples que la tradition africaine ignore. Les danses de salons européennes comme la mazurka, la polka se déforment à leur contact car les Noirs les investissent d'éléments culturels qui sont étrangers à ces danses. Le compadrito reprend des Noirs ces formules nouvelles, sans se rendre compte, qu'en se moquant des Noirs, il invente dans la danse des pas nouveaux. Issue des figures du candombe , c'est dans les bas-fonds et les bordels que cette alchimie se produit 2 . » À l'aube du xx e siècle, Tango et milonga sont des danses liées aux bordels . Il y a durant cette époque d'immigration massive, un déséquilibre dans la répartition homme/femme (54%/46%). La concurrence est donc rude et, du fait de la rareté des femmes, et surtout parce qu'il serait inconvenant pour une jeune femme de quitter seule la maison pour le faire, on s'entraîne souvent à danser entre hommes. Le tout sur fond de nostalgie du pays éloigné, de pauvreté, du désir inassouvi. Les accents de cette danse naissante inciteront, à leur tour, les musiciens à modifier les contours de la musique qui accompagne la danse. Dans ces petits orchestres, la guitare et la flûte prédominent, bien avant que ne s'impose progressivement le bandonéon . Le tango émerge de cette alchimie entre, d'un côté, les Noirs qui métissent leurs danses avec les danses européennes de salon, et de l'autre, les Blancs qui se moquent des Noirs en singeant leurs figures. Le tango dansé présente ainsi à cette époque un aspect provocant et insolent qu'il perdra au fur et à mesure de son ascension sociale 2 . On nomme souvent ce style originel du tango dansé, tango canyengue . Ce style caractéristique, révélant les origines noires du tango, est encore revendiqué par certains danseurs aujourd'hui. Il est relativement peu pratiqué en bal, mais régulièrement lors de démonstrations Pour la musique, Michel Plisson s'amuse à résumer ainsi le résultat de ce métissage qu'est le tango : « une rythmique afro , des musiciens italiens jouant sur des instruments allemands des mélodies d' Europe de l'Est avec des paroles qui viennent des zarzuelas espagnoles . » Opposition entre « tango rioplatense » et « tango de salon européen » Attention, en préalable, ne pas confondre "tango estilo de salon" qui est un style particulier du "tango rioplatense" , et "tango de salon européen", sujet du paragraphe suivant. Après la folie du tango en occident dans les années 1920 , le tango originel s'est démodé fortement, mais il s'y est transformé et est devenu une danse importante parmi les danses de salon européennes. Dans les années 1990, lors de la renaissance, en Europe et dans le monde, du tango originel du Rio de la Plata (mais qui, pendant le siècle, a beaucoup évolué, cf. styles historiques du tango ), celui-ci fut qualifié par l'adjonction du qualificatif argentin , pour éviter la confusion et le distinguer du tango de salon , qui, en Europe, fut le plus connu et le plus pratiqué pendant soixante ans, jusque dans les années 1990. En effet, le tango façon danse de salon est un enseignement constitué de figures types (corté, habanera : pas de marche avant-arrière, pas pivoté, promenade, carré, carré déboîté, renversés) qui se succèdent aux pas à la rythmique prédéfinie (Lent et Vite), où les bustes restent relativement fixes, plutôt pratiquée lors de bals dits rétro , parmi les autres danses de salon . Le tango du Rio de la Plata, quant à lui, est une danse qui permet l'improvisation , où aucun pas et aucune séquence ne se répète fondamentalement (les pas de danses se multiplient plus qu'ils ne s'additionnent ), que chaque danseur réinvente, dont les géométries fondamentales de déplacement sont la marche linéaire et le tour, et où les bustes sont plus souples et parfois mobiles. Même si les danseurs « tango de salon » peuvent aussi tronquer et modifier à souhait leurs figures, et qu'ils peuvent aussi le danser de manière plus ou moins improvisée, l'enseignement des deux danses reste fondamentalement différent. À partir des années 2000, avec le développement et le succès mondial du tango « argentin », le qualificatif argentin fut de moins en moins employé dans ce milieu, la confusion étant devenue moins probable avec le tango de salon , mais aussi par respect pour les Uruguayens : en effet, ils ne dansent pas moins le tango que les Argentins , et cette musique fait tout autant partie de leur culture que de celle de leurs voisins argentins. Et, même si la ville de Montevideo est aujourd'hui huit fois moins grande que Buenos Aires (au moment de la genèse du tango, à la fin du xix e siècle, l'écart entre les deux villes n'était pas si important), beaucoup de musiciens importants du tango sont uruguayens, par exemple : La Cumparsita , le tango le plus célèbre et le plus interprété (plus de 1500 interprétations enregistrées) est uruguayen . Francisco Canaro , le chef d'orchestre le plus prolifique du tango (le plus enregistré, et probablement de tout genres confondus dans le monde), était uruguayen . Aujourd'hui, dans le monde, quand on parle du « tango », sans qualificatif, il s'agit le plus souvent du tango rioplatense (de Rio de la Plata ). Ce qualificatif rioplatense n'est que parfois utilisé. On ne met, le plus souvent, plus aucun qualificatif : pour parler du tango du Rio de la Plata, on dit le « tango ». Sinon, pour parler du tango associé aux danses de salon , on dit généralement « tango de salon » . (…à ne pas confondre avec le style tango salon , un style des années 1940 du Rio de la Plata.) Néanmoins, le « tango » dans l'imaginaire collectif européen est encore souvent associé - en totale opposition avec ses origines, à une danse rétro, de salon , voire de cabaret , c'est-à-dire à un type d' énergie de danse très tonique et parfois sec, que les amateurs de tango rioplatense trouvent même parfois guindé ou raide , et qu'ils n'aiment pas beaucoup, car donnant aux gens une fausse image de leur danse, en totale opposition avec ce qu'elle est : le tango rioplatense a toujours été, dans les bals, une danse très fluide, souple, à terre et improvisée
jeudi, mai 28, 2015 Super User Histoire Caminito de tango Reims 1186
La Milonga Dès 1870 , l’Argentine fait appel à l’immigration Européenne afin de pouvoir assurer son développement économique. Le port de Buenos Aires voit arriver des Italiens, des Espagnols, des Français, des Allemands, des Juifs d’Europe de l’est. Ces nouveaux immigrants se mêleront à la population locale très miséreuse dans des taudis au sud de la ville. Il s’agit de la communauté des paysans et gauchos qui ont quittés la pampa et la communauté des noirs, mulâtres et créoles descendants des anciens esclaves importés le siècle précédant. C’est ainsi que l’on voit apparaître dans ces faubourgs très peuplé, des petits bals improvisé, très humbles. Le mélange de différents instruments et les pas de plusieurs danses traditionnelles du monde entier vont fusionner avec les rythmes et mélodies des payadores (chanteurs itinérants) et ceux des noirs des orillas (rives du rio de la Plata) pour donner naissance à une nouvelle danse populaire métissée spécifiquement argentine : la milonga En raison du manque de femmes, 75% de la population est masculine, les hommes dansent entre eux en s’inspirant des leurs danses traditionnelles pour inventer des figures tout en imitant les danses locales et les danses cadencées des noirs, pour finalement donner naissance à l a milonga canyengue (cadence en dialecte africain) qui devient ainsi le premier véritable style de tango dansé. Le soir les hommes se rendent dans les zones mal famées des faubourg, où ils vont boire, frimer et danser avec les filles de joies au son de vieux piano déglingués ou de petits orchestres improvisés d’un piano, violon et guitare. Le véritable tango argentin naît ainsi dans des lieux de débauche évoquant le plus souvent la séduction de l’acte sexuel. C’est au cours de ces nuits que les premiers milongueros expriment leur virilité, leur machisme, mai saussi parfois, leurs nostalgie d’exil, leur peine de cœur et désirs inassouvis. Petit à petit ils vont compliquer et codifier les pas simples et rapide de la milonga pour donner naissance au tango orillero, un nouvel art typiquement portègne du pas de deux et de l’ abrazo

Brigitte HILAIRET

Professionnelle de danse à Sedan, Charleville, Reims, Châlons en Champagne, et dans leurs régions.

Spécialiste du Tango argentin, de Rock n' Roll, de Danse Orientale, de Charleston et de Danses latines.

Elle s'est récemment orientée vers la danse bien-être en créant un nouveau concept qu'elle a appelé "Libération de Soi-M'Aime" qu'elle décline en danse-thérapie, tango-thérapie, danse créative, corporel danse et expression corporelle, en fonction des besoins des élèves.
D'autre part, elle est énergéticienne, spécialiste de La Trame, coach de vie et en développement personnel.

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